Courrier de Madame le Maire

Courrier de Madame le Maire

Monsieur le Président de la Commission d’Enquête,

 

            En mai 2011, les Maires des communes traversées par la ligne Serqueux-Gisors étaient conviés à une réunion, salle des fêtes de Gournay, devant les représentants de l’Etat dans les départements, les Présidents, Vice-Présidents des Départements de la Seine-Maritime, de l’Eure et de l’Oise et des Régions pour nous informer que la SNCF et RFF développant le projet de modernisation de la ligne Serqueux-Gisors. Cela comprenait la réactivation et l’électrification de la ligne pour le passage de trains voyageurs et de quelques trains de fret venant du Havre, le temps des travaux de restauration sur les ouvrages d’art des lignes Le Havre-Rouen-Paris. La végétation s’incrustant, il était urgent de les restaurer.

            Il n’a pas été question de fermeture de passages à niveau. Quel Maire ne se serait pas réjoui en entendant de telles affirmations ? La ligne Serqueux-Gisors allait revivre pour les voyageurs ?

            Quelques semaines plus tard, Monsieur le Président de la Région Haute Normandie nous rendait visite ici, à Ferrières, sur le quai de la gare. S’adressant aux élus présents : « Vous êtes heureux, les trains voyageurs vont circuler, les voitures des usagers ne stationneront plus à Gisors, elles stationneront ici à Ferrières. Les Ferrièrois et les Gournaisiens prendront le train ici pour aller travailler Paris et les lycéens qui se rendent à Forges-les-Eaux prendront le train ici ; plus de cars scolaires sur les routes.

Dans le cadre du grenelle de l’environnement, il faut diminuer le gaz à effet de serre.

Lors des week-end, les parisiens viendront respirer le bon air, ce seront de bonnes retombées pour le commerce local et vous pourrez aller à Paris visiter les musées, assister à des spectacles… »

Aujourd’hui rien de tout cela : les trains ne sont pas adaptés aux besoins usagers, toujours obligés de prendre le train de Beauvais-Gisors voir Pontoise pour arriver à l’heure sur le lieu de leur travail.

A aucun moment, Mr Le Vern nous a annoncé la fermeture des PN ou abordé le passage de FRET intensif.

 

Ce projet va détériorer le cadre de vie des riverains habitants le long des voies ferrées avec le passage en perspective de 25 trains de Fret de jour comme de nuit qui va dégrader les conditions de vie : Bruit, tremblements, stress, perturbation du sommeil, ces mots seront leur quotidien.

 

Mais l’isolation de certaines habitations est prévue et promis de murs antibruit.

Vu m’espace entre la voie et par exemple la Résidence « La Cidrerie », nous pouvons imaginer la laideur de ces murs.

En tant que Maire et Ferrièroise,

Je suis contre la fermeture des PN 41 et 42 pour permettre le passage intensif du fret venant du Havre vers Paris. Il y a d’autres solutions.

Ferrieres ne veut pas être coupé en deux !

Le dispositif de compensation de la suppression des PN sera très handicapant au quotidien. Ces projets n’apporteront aucunes améliorations des conditions de circulation dans notre commune. Les habitants de Ferrières vont être privés de leur accès direct la zone industrielle de Gournay inadaptée à cet usage.

La création de nouvelles routes rétablissant le fermeture des PN dans la zone industrielle de l’Europe à Gournay et du Beauregard à Ferrières est inacceptable !

Nos zones industrielles ont été aménagées pour que les entreprises se développent sans contraintes.

Devenant des routes départementales, n’y acceptant plus de stationnement, les entreprises seront impactées.

Les zones industrielles n’ont jamais été conçues pour un trafic aussi important.

Notre commune a su depuis de nombreuses années développer des zones industrielles et commerciales en accueillant des entreprises qui ont investi et se sont installées et développées leurs activités dans le contexte économique qui n’est pas simple.

Ce n’est pas le moment de freiner leur projet de développement. Rien dans le projet n’est prévu pour soutenir l’activité économique mise en danger par la fermeture des PN 41 et 42 n’apportera pour nos communes aucun avantages : que des dommages.

Nuisances immobilières, environnementales RD 930, le départ du contournement au « Manais » présente une forte pente et le passage entre deux habitations.

Pourquoi pas quelques mètres plus loin ; expropriations, dépréciation du bien, vente impossible, … réductions de surfaces agricoles : quelles compensations ? Les propriétaires me disent n’avoir jamais été contacté.

L’allongement des trajets : secours, bus scolaires, circulation plus importante devant les écoles où la chaussée est réduite au passager d’un seul véhicule.

Et que dire de l’impact sur le cimetière où le parking aménagé en 2013 ne figure pas. Des prévisions d’isolation d’une maison qui n’existe plus (propriété SNCF).

Des maisons habitées ne bénéficient pas de mesures de protections alors que leurs voisins oui. Y a-t-il une raison à cela ?

Une maison démolie par la SNCF est prévue dans le plan d’isolation acoustique du dossier établi par la SNCF. Est-ce encore une erreur ?

Sur certains documents graphiques des maisons route de Savignies bénéficient d’une isolation extérieure et pas sur d’autres.

Qu’est ce qui est réellement prévu ?

Une voie nouvelle permettant le passage des poids lourds est prévu pour rejoindre la route de Savignies. Elle longe une ferme et là aucune mesure de protection n’est prévue.

Pourquoi cette différence de traitement entre les habitants surtout que pour les uns, ils habitent déjà au bord de la voirie alors que d’autre habite dans une ferme isolée ?

La proposition des départements et de la Région n’est pas claire sur les modalités de financement des travaux de construction des voies nouvelles.

Coût de l’estimation des travaux = 295 millions d’euros.

Qui assurera l’entretien des écrans ? si c’est la SNCF, seront-ils moins entretenus que les terrains SNCF qui ne le sont pas du tout ? Qui aura la propriété et l’entretien des petits barreaux entre la route de Laudencourt et la route de Songeons ?

La voirie devant permettre le passage des engins agricoles doit être dimensionné en conséquence et la charge de son entretien s’en trouvera accrue.

Ces questions ne sont pas anodines pour un maire vigilant quant à l’équilibre financier de sa commune.

 

Je vous remercie de l’attention que vous ne manquerez pas de porter à la présente contribution déposée au registre de l’enquête publique.

 

Je vous prie de croire, Mr Le Président de la commission de l’enquête publique à l’assurance de ma considération distinguée.

 

 

 

 

                                                                                              Le Maire

                                                                                  Marie-France DEVILLERVAL

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